Le savon

Mais à quoi sert vraiment le savon ?

Le savon est un produit liquide ou solide qui a la capacité de lier l’eau et la graisse.
Le pouvoir lavant du savon vient d’une réaction chimique entre la soude ou potasse et une base de graisse (végétale ou animale). Cette réaction produit un sel minéral appelé savon.
Pour la fabrication de savon solide, c’est la soude (hydroxyde de sodium) qui est utilisée. La potasse (hydroxyde de potassium) sert à la production de savons pâteux ou liquides (savon noir, savon de Marseille liquide). Nous ne parlerons ici que de la fabrication de savon solide, à la soude.

Les huiles et beurres sont constitués en majorité de triglycérides d’acides gras. Lors de l’ajout de soude, ceux-ci sont transformés en savon selon la réaction ci-dessous (R représente la chaîne carbonée de l’acide gras, longue chaîne de 12 à 22 atomes de carbones pour les acides gras les plus communs dans les huiles végétales) :

 

La soude, qu’est-ce que c’est ?

La soude ou hydroxyde de sodium est le réactif qui permet la transformation des huiles en savon.
La soude est obtenue par électrolyse du chlorure de sodium NaCl (eau saturée de sel).
La soude s’obtient pour le moment majoritairement par une électrolyse avec cathode de mercure (anode : titane ; cathode : mercure). C’est l’une des raisons pour lesquelles les sociétés européennes impliquées se sont engagées à faire disparaître ce procédé à l’horizon 2020, procédé en cours de remplacement par des électrolyses à membranes 13.
La soude est un produit extrêmement caustique (très corrosif, provoque de graves brûlures) qu’il convient de manipuler avec la plus grande précaution.
A noter que, à la fin de la saponification, après la période de cure, toute la soude aura réagi avec les huiles pour donner le savon. Le savon fini ne contient plus de soude.

 

La saponification à froid

La saponification est une réaction totale : elle continue jusqu’à épuisement de l’un des réactifs (huiles ou soude). Pour garantir qu’il n’y a plus de soude dans le savon fini, il faut qu’il y ait un excès d’huile, c’est-à-dire qu’il n’y ait pas tout à fait assez de soude pour transformer toute l’huile en savon.

La saponification s’arrêtera alors quand toute la soude sera consommée et il restera de l’huile non saponifiée dans le savon final. Le savon sera dit « surgras ». Ce « surgraissage » va apporter une plus grande douceur et des propriétés nourrissantes et adoucissantes au savon.

La saponification est une réaction assez lente à température ambiante. En saponification à froid, le savon doit donc subir une «cure» (temps de séchage) d’au moins 4 semaines après fabrication, pour laisser à la saponification le temps de bien se terminer. La cure permet aussi de sécher le savon.

La saponification industrielle :

C’est le type de procédé utilisé pour produire les savons de façon industrielle car il permet une réaction rapide et complète de la soude avec les corps gras. La saponification se fait à chaud et en présence d’un excès de soude.
La pâte à savon est « cuite », c’est-à-dire chauffée jusqu’à ce que la réaction de saponification soit complète. La pâte est ensuite lavée, généralement avec de l’eau salée pour éliminer l’excès de soude. Lors de cette opération, la glycérine est aussi séparée du savon et enlevée. Ce type de saponification ne peut pas être réalisé sans équipement industriel.
Le procédé traditionnel utilisé pour produire le savon d’Alep ou le savon de Marseille est aussi basé sur une saponification à chaud.

 

Graines De Lutins :

Nous avons fais le choix de fabriquer notre savon suivant la technique de saponification à froid car elle est plus respectueuse de l’humain et de son environnement car :
– Nous préférons préserver la glycérine et les insaponifiables pour leur effet bénéfique (surgras) sur la peau en la protégeant du manque de la couche naturelle de graisse (qui protège la peau des agressions extérieures) que nous venons de laver.
– Nous ne rejetons rien (contrairement au savon de Marseille et Alep… enfin tout les savons industriels), le lavage du surplus de soude des ces savons sont fait à l’eau de mer et donc rejeté dans la mer ! Avec un impact dû au ph trop important du rejet (sans mentionner les additifs chimiques)
– L’énergie dépensée pour chauffer le savon est évitable donc pourquoi utiliser des techniques industrielles ?
Nous utilisons des huiles essentielles pour parfumer nos savons, plutôt que des parfums synthétiques souvent riches en alcool et de l’argile pour les colorer.
Comme cité plus haut, la soude provient d’un procédé industriel qui implique le plus souvent du mercure qui est très nocif, c’est pourquoi nous cherchons un fournisseur de soude homologuée non mercurielle (ce qui est un parcours du combattant… à par si on est prêt à prendre plus d’une tonne, les lobbyistes font bien leur travail !).
Nous avons fait le choix de n’utiliser que des produits issus de l’agriculture biologique. Une agriculture raisonnable permet de préserver la terre sur laquelle on la pratique ainsi que les nappes phréatiques. Par la même occasion, on épargnera aux humains et animaux la consommation d’une eau polluée !
On pourrait ajouté à cette liste la préservation de l’air qui ne sera pas chargé de pesticides, fongicides, engrais et autres polluants dérivés du pétrole et qui ne sont pas biodégradables. En revanche, ils dégradent bel et bien la faune et la flore utile pour ne pas dire indispensable à la vie et la survie des générations végétales, humaines et animales futures !

 

 

J’en profite également pour dénoncer les techniques abusives de certains industriels qui n’hésitent pas à surfer sur le vide juridique qui entoure le savon sans savon dit «pain dermatologique » avec leur promesse de ph neutre. Certes le ph se rapproche de celui de l’eau cependant il ne s’agit pas de savons mais de tensioactifs de synthèse type « sodium laureth sulfate » qui sont bien plus irritants qu’un ph élevée.
Si vous avez une peau sensible il faut l’hydrater après la douche avec une crème à base d’huiles qui rééquilibrera le ph de certaines zones sujettes à cette hypersensibilité (visage, muqueuses…)

 

La liste noire des savons et cosmétiques

Si vous voyez un de ces ingrédients vous devriez y réfléchir à deux fois avant de l’utiliser
– L’EDTA (Éthylène Diamine Tétra-Acétique) qui est présent de partout. L’EDTA est une substance qui complexe les métaux lourds et qui, complexée, peut se fixer dans un organisme et est difficilement biodégradable. Elle n’est pas éliminée par les stations d’épuration et est donc rejetée dans les rivières et les lacs. De plus, comme l’EDTA n’est pas retenue par les filtres à charbon actif, elle peut contaminer l’eau potable avec les métaux lourds avec qui elle est liée.
– Sodium laureth sulfate est un composé éthoxylé qui n’est pas a priori dangereux en soi. C’est surtout leur procédé de fabrication qui est mis en cause. En effet, ils sont fabriqués à partir d’un gaz très réactif, extrêmement toxique, cancérigène et mutagène, l’oxyde d’éthylène. La réaction chimique d’éthoxylation n’est pas douce, en particulier car elle met en jeu des températures et des pressions extrêmes et est par ce fait exclue des procédés de fabrication autorisés par certains labels cosmétiques bio.
Après purification, on ne retrouve normalement pas de trace de cette substance intermédiaire dans le produit fini.
Mais il pourrait toutefois être contaminé au dioxane (1,4-dioxane), qui est une substance irritante, soupçonnée d’être cancérigène (groupe 2B cancérigène possible pour l’homme), et dérivée de l’oxyde d’éthylène.
D’autre part, ils ne sont pas très biodégradables. Ce produit est à faible coût c’est pour cette raison que les industriels l’utilisent massivement.
– Parfum (Fragrance) le plus souvent à base d’alcool il peut être irritant, il faut se méfier de sa composition car il s’agit d’un produit dérivé de l’industrie chimique.

– Les parabens sont des conservateurs controversés.
Les composés de la famille des parabènes utilisés dans l’industrie sont :
le méthylparabène ou 4-hydroxybenzoate de méthyle (E218) et son sel de sodium (E219) ;
l’éthylparabène ou 4-hydroxybenzoate d’éthyle (E214) et son sel de sodium (E215) ;
le propylparabène ou 4-hydroxybenzoate de propyle (E216) et son sel de sodium (E217) ;
l’isopropylparabène ;
le butylparabène (en) ;
l’isobutylparabène ;
le benzylparabène.

Pourtant, au départ, ils sont apparus pour remplacer d’autres conservateurs, les formaldhéïdes, jugés dangereux, et dont l’usage est aujourd’hui limité aux vernis à ongles.
En ce qui concerne les parabens, il n’a pas été prouvé qu’ils sont cancérigènes pour l’Homme. Ce que l’on sait, c’est qu’ils sont cancérigènes – à haute dose – pour le rat, ce qui ne prouve pas grand chose, car d’une part le métabolisme du rat diffère de celui de l’Homme, et d’autre part les doses autorisées dans les cosmétiques sont censées être inoffensives pour l’Homme.
Ces limites s’élèvent à 0,4% pour chacun des parabens, le total de tous les parabens d’un même produit ne pouvant dépasser 0,8% (calculé en masse d’ester).
La polémique vient du fait que, lors d’une étude anglaise du Dr Philippa Darbre faite sur vingt échantillons de tumeurs cancéreuses du sein, il a été trouvé des traces de parabens dans 18 d’entre eux.
Cependant aucun lien clair n’a été fait entre les parabens et le cancer, et encore moins entre l’utilisation de produits cosmétiques contenant des parabens et le cancer. Il aurait fallu pour cela vérifier si les cellules saines contenaient ou pas des traces de parabens, comprendre la provenance de ces parabens (ils pourraient par exemple avoir été ingérés lors du traitement anti-cancer) pour pouvoir aboutir à une conclusion. Notons enfin que cette étude portait sur très peu d’échantillons.

Ceci étant dit, le fait que les parabens soient métabolisés (c’est-à-dire le fait qu’on puisse les retrouver dans l’organisme) peut être considéré comme inquiétant en soi, et chacun est évidemment libre de prendre les précautions qu’il juge nécessaires et d’éviter les produits contenant certains ingrédients qu’il considère comme douteux.
Des études indiquent également que le méthylparabène, appliqué sur la peau a une concentration telle qu’on le trouve dans les produits cosmétiques, accélère le vieillissement cutané et augmente les dommages subis par l’ADN si la peau est exposée au soleil.
Bien sûr je ne suis pas chimiste ni toxicologue, je m’appuie sur mes connaissances personnelles. Je n’affirme pas détenir la vérité mais je vous invite vivement à vous informer sur des produits que vous utilisez tout les jours. Les impacts peuvent être importants pour vous et votre environnement.
Les recettes peuvent paraître opaques mais avec un peu de recherches on les perce vite à jour, une règle simple : un nombre important d’ingrédients n’est pas de bon augure, restez donc attentifs !

 

Voici quelques supports de recherche :

-http://leflacon.free.fr/ qui répertorie les produits cosmétiques, savons, shampoings… et leurs ingrédients.

-http://www.observatoiredescosmetiques.com/

-http://ec.europa.eu/growth/tools-databases/cosing/index.cfm?fuseaction=search.simple

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